Ce que M. Sookman ne dit pas…

Par Me Anthony Hémond
Analyste, télécommunications, radiodiffusion, inforoute et vie privée

Union des consommateurs

Le 13 décembre 2009, le site Internet Torrentfreak a publié la liste des 25 sites internet de Torrents les plus populaires.

Le 15 décembre, M. Barry Sookman, avocat chez McCarthy Tétrault, Professeur à l’Université Osgoode Hall, inscrit comme lobbyiste pour la Canadian Recording Industry association, et l’association canadienne des distributeurs de films, a tiré une nouvelle fois à boulets rouges sur le Canada, en mentionnant que les serveurs de 7 des 25 sites les plus populaires étaient hébergés au Canada , ce qui serait d’après lui une preuve de l’inadéquation des lois canadiennes sur le droit d’auteur. (voir: http://www.barrysookman.com/2009/12/15/canada%E2%80%99s-embarrassing-place-in-the-worldwide-bittorrent-rankings/)

M. Sookman vient par la suite rappeler comment l’Europe, grâce à des lois sur la propriété intellectuelle magnifiquement efficaces, aurait réussi à faire fuir d’Europe les sites Torrents.

Seulement, la vérité c’est que 14 des 25 sites de torrents les plus fréquentés sont tout de même hébergés en Europe. En effet, plus de la moitié de ces sites les plus populaires sont hébergés dans des pays de l’Union Européenne, soit aux Pays-Bas, en Suède, en République Tchèque, et même en France.

En outre, on remarquera que deux des sites qui apparaissent sur cette liste sont hébergés aux États-Unis, le paradis autoproclamé de la lutte au partage de fichiers.

M. Sookman, qui ne peut pourtant ignorer la pertinence de cette question, ne mentionne pas non plus qui sont les administrateurs des sites Internet mentionnés. Lorsque l’on s’intéresse aux enregistrements de ces sites Internet, on s’aperçoit que sur les 7 sites hébergés au Canada, deux seulement y sont enregistrés, trois autres étant enregistrés aux États-Unis, un au Seychelles, et un en Pologne.

M. Sookman affiche encore ici ses couleurs et ses méthodes : son biais en faveur de l’industrie du divertissement et la répétition sans aucun regard critique des arguments de cette industrie (quitte même à tenter de défendre avec cette même tactique l’indéfendable; voir son billet précédent sur les sommes que l’industrie du disque a « négligé » de verser aux créateurs : http://www.barrysookman.com/2009/12/08/geist-inflates-pending-lists-claim-to-vilify-record-labels/). Selon lui, s’il faut instaurer une police de l’Internet pour garantir l’enrichissement de l’industrie (et l’appauvrissement de la diffusion de la culture), que cela soit.

Cela dit, et malgré ce que semble conclure M. Sookman, le classement des sites de torrents les plus populaires vient bel et bien confirmer que les lois répressives que les États européens ont pu adopter ne font pas fuir d’Europe les sites Torrents. Au leu de nier les faits, il serait peut-être plus constructif de songer à établir des règles et des pratiques plus équitables en vue de rétablir un lien plus harmonieux entre l’industrie du divertissement et le public qui, quoi qu’on en dise, continue à la faire vivre.

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4 Réponses to “Ce que M. Sookman ne dit pas…”

  1. Richard Says:

    Excellent de répondre aux lobbyistes de l’industrie avaricieuse du divertissement.

    Ils faut voir comme ils ne font pas un pas qui ne soit calculé pour rapporter en abonnement ou en frais à la pièce. Et la culture viciée par l’argent n’a de cesse que de gonfler ses profits et se fout épertuemment d’art et de culture.

    Elle (l’industrie) a bien cherché ce qui lui arrive et je propage à tous les néophytes que je croise les philosophies et méthodes de l’échange libre de fichiers. Rien d’abusif mais tout du bon jugement; ce que bon nombre n’ont plus et tant pis pour eux…

  2. Only Moi Says:

    +1
    Excellent article.

  3. Thomas Says:

    au diable l’industrie qui mérite absuloment ce qui lui arrive.. Combien en fait revient-il vraiment aux artistes? 1 $/CD? Alors que les CD se sont vendus plus chers que les vieux vinyles pour un cout de production moindre.. Lorsque c’est bon, j’achete, mais je download pour ce qui est moyen.. Je ne paierai jamais pour ce que je vais écouter 1x/année. je ne serai juste pas consommateur.. ce qui nuiera a l’artiste en fait. Tout le lobby du controle est juste de la bullshit des compagnie qui utilisent le prétexte de vouloir « protéger » leurs artistes.. hahaha quelle blague.. seulement une histoire de $$$.

  4. Benoît Pruneau Says:

    S’agit juste de redéfinir l’utilité du disque…

    On a essayé depuis des années de rendre la musique vendable « à la copie », alors que la musique en soi est partageable, n’étant pas un objet tangible.

    Internet ne fait ici que ramener la réalité.

    Je me souviens d’une entrevue de Dan Bigras qui disait que si des artistes faisait des shows pour vendre des disques, lui il fait des disques pour vendre des shows.

    J’ai plus de respect pour les artistes qui vendent des shows que ceux qui ne vendent que des disques.

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